mardi 12 janvier 2016

Les poilus de l'ame VII Blessures et maladies - Causes de décés

Blessures et maladies 

Maladies


Dans ce tableau extrait des statistiques du service de santé publié en 1920, il nous faut remarquer plusieurs informations, qui montrent l'ampleur des problèmes auxquels furent confrontés les Formations sanitaires de tout acabit. 
Si, au début de la guerre, c'est en premier lieu, les décès par typhoïde qui priment, ensuite la grippe sera une des deux grandes faucheuses. Grâce à la campagne de vaccinations, le Service de Santé arrivera à juguler cette épidémie, rappelons qu'il n'y aura pas d'antibiotique avant la Seconde Guerre mondiale. 
La tuberculose va être dès l'année 1916, la grande pourvoyeuse de décès par maladies. Elle ne descendra jamais en-dessous de la moitié des décès par maladie infectieuse. Conséquence de l'usure des corps et de la promiscuité des communautés de soldats. Les conséquences après-guerre seront immenses.

 Blessures

Conséquences directes de l’emploi massif de l'artillerie de tous calibres, et contrairement à ce qui était attendu, les causes majeures, comme le montre ce tableau ci-dessus, proviennent des éclats d'obus. Ceux-ci provoquent des plaies anfractueuses, délabrantes (les gueules cassées), infectées par les débris importés dans la plaie (vêtement, terre, bois …). Les plaies par armes blanche, rares, montrent bien que les charges à la baïonnettes furent vaines devant les feux de l'artillerie.
 La localisation des plaies de la tête et du cou, à la date de cette statistique doit nous remettre en mémoire l'abandon de la casquette en faveur du casque Adrian, adopté seulement vers la fin de l'année 1915.

Causes de décès 

Sur les 844 fiches, une ne porte pas de mention de genre de mort.
 Deux soldats décèdent en captivité en Allemagne, des suites de maladie. Curieusement, 9 hommes décèdent au cours de naufrages, dont 7 lors du torpillage du Gallia.
 Plus de la moitié des Poilus furent tués face à l'ennemi (57%), près du quart, des suites de leurs blessures (22,6%) et un peu plus de 11 %, de maladie.
 Cependant, la répartition entre les décès des suites de blessure et de maladie s'inverse entre le début de la guerre et la fin.
 En effet, on constate 50 décès des suites de blessure de guerre en 1914 pour quasiment la moitié en 1918 (27). Cela signe une bien meilleure prise en charge des blessures de guerre, par un changement d'attitude et l'amélioration des moyens mis en œuvre par la chirurgie dite de l'avant.
 Mais, dans le même temps, les causes de maladie vont, elles aussi, s'inverser : en 1915, on constate 21 décès pour 40, en 1918. Si, au début du conflit, c'est la fièvre typhoïde qui la grande pourvoyeuse, à la fin de la guerre, on observe, bien sûr, les effets de la grippe, qui a ravagé les populations au début de ce siècle.

Le nombre de disparus est lui aussi hétérogène d'une année l'autre, en effet, presque la moitié du nb total provient de 1914 et seulement un seul en 1918. Faut-il y voir la conséquence de la guerre de mouvement, qui du fait de la retraite en 1914 n'a pas permis de récupérer un certain nombre de corps, ou bien la violence des effets de l'artillerie sur une infanterie sans défense ?
 Pour l'année 1915, serait-ce le nombre des vaines attaques de Joffre, en Champagne ?
 Au 1er novembre, les disparus représentent 29 % de morts sur 1 385 000 pertes2.
 6 soldats sont morts suite aux attaques de gaz, du moins, sont référencés comme tels sur leur fiches MPF, mais nous n'avons pas le nombre de Poilus qui furent intoxiqués et dont les séquelles ont perduré au-delà de 1919.
 Un seul homme est déclaré mort en captivité, à la fin de la guerre à Honigbuch, le 27 décembre 1918 , Louis Auguste Cholet né à Battilly en Puisaye, le 29 novembre 1884 , soldat au 82e RI. Il est inscrit sur le MAM de Châlette. Il avait 34 ans. Cependant, lorsque l'on analyse un peu mieux les fiches matricules et les fiches mort pour la France c'est 16 soldats qui sont morts en captivité, 4 des suites de blessures, 12 de maladies. La retranscription …. est toujours un problème.

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