lundi 7 décembre 2015

Les Poilus de L'AME Introduction


Après la conférence faite en ce mois de novembre 2015, j'ai le plaisir de vous donner le texte de cette conférence.
Ce texte sera publier sous forme d'articles successifs pour permettre une mise en forme adéquate pour un blog. A la fin de la publication vous pourrez télécharger le document complet au format pdf.

Introduction

Pourquoi les Poilus ?

Une rencontre avec un document concernant les premiers blessés radiographiés dans un laboratoire de l'hôpital de la Salpêtrière au décours d'une recherche sur l'histoire de la radiologie aux hôpitaux de Paris va déclencher mon intérêt  pour cette période de notre histoire ainsi que pour ces acteurs. Cet axe de recherche va être dans ces débuts tournés vers les formations sanitaires et bien sur les techniques mises en œuvre en radiologie.

Pourquoi l'Ame ?

En retraite depuis 7 ans , habitant Pannes depuis 6 ans, c'est naturellement que je me suis intéressé aux Poilus du Monument aux Morts de Pannes, puis petit à petit la dimension de l’agglomération s'est vite imposée, même si cette construction administrative est anachronique  par rapport à l'époque de l'étude. La notion de pays Montargois serait sans doute plus adaptée, mais il faut bien se donner une limite.
Soit les communes de l’agglomération Montargoise et des rives du Loing, qui s'est récemment adjoint  de nouvelles communes, au total quinze communes, dont la plus petite en superficie n'est autre que le chef lieu ! Amilly , la plus étendue est équivalente à 5 fois la surface de Montargis
Ce faisant, cela m'a permit de faire connaissance avec mon nouveau pays d'accueil, originaire d'un grand port de l'ouest , d'une ville tournée vers les larges horizons des Amériques, issu d'une famille de marins, se retrouver dans une contrée du centre de la France, entre Beauce , val de Loire et Puisaye, demanda au début de notre installation une certaine curiosité.


samedi 16 mai 2015

Le prix de journée dans les Hôpitaux d'ici et d'ailleurs 14-18

Tout séjour dans une institution sanitaire entraîne des coûts, ceux ci sont proportionnels aux prestations que reçoit le malade ou le blessé. Ils sont la somme des dépenses, nourriture, blanchiments, pansements , médicaments et pour l'essentiel, des frais de personnel. Aujourd'hui ces charges sont supportées par un tiers, la sécurité sociale et les mutuelles, et pour une faible part parfois par le patient.
 Qu'en était il dans nos formations sanitaire du Montargois et d’ailleurs ? 
Dès le temps de paix, le service de santé organise les futures formations sanitaires qui viendront compléter les hôpitaux militaires dés le début du conflit, pour cela il s’appuie sur les ressources du territoire :
 - Les bâtiments capable d'accueillir sans transformation majeure des lits, les établissements scolaire, en particuliers les collèges et les lycées conviennent , grâce, à leur volume des salles de classe parfaitement adaptées, au propos. Les hôpitaux civils bien sur font partie des ces ressources, une fois des salles réservés aux militaires, jamais moins de 100 lits, ils prennent le nom d'hôpital mixte 
 -Les sociétés de Secours aux blessés militaires ,qui forment la Croix Rouge Française, sont chargées des équipements, des fournitures et bien sur des personnels. 
Cependant, entre les sociétés ,les hôpitaux civils et l'autorité militaire au travers du Service de Santé, des conventions sont signées pour réguler les rapport entre les différents partenaires.:qui est responsable de quoi, qui prend en charge quoi.

samedi 18 avril 2015

Honneur aux Anciens:Le 38e RIT régiment Montargois (1)

L’armée territoriale :
Sont mobilisés tout au long du conflit les régiments de la territoriale et de la réserve territoriale.

Elle est composée des hommes âgés de 34 à 39 ans c’est-à-dire nés entre 1875 et 1880. La durée est de sept ans.
Territoriaux au cantonnement

La réserve de l’armée territoriale :
Elle est composée des hommes âgés de 40 à 45 ans, c’est-à-dire nés entre 1868 et 1874. La durée est de sept ans.
Rapidement la réserve de l’armée territoriale incorpore les hommes âgés de 46 à 49 ans c’est-à-dire nés entre 1868 et 1865. Les unités territoriales ne sont jamais utilisées en temps de paix.
Missions de la territoriale
En France, les Régiments Territoriaux d’Infanterie sont chargés d’assurer la défense du territoire, notamment des points sensibles : gares, nœuds ferroviaires, ponts, entrepôts, places fortes, etc.…
Dés le début de la campagne de 1914, les RTI tiennent la défense de camps retranchés comme, Maubeuge, Calais, Dunkerque, ou reçoivent une mission d’arrière (Régiment d’étapes). Ils sont également utilisés à « nettoyer le champ de bataille », procéder aux inhumations, à l’enfouissement des cadavres de chevaux et autres animaux, rassembler les isolés et récupérer le matériel abandonné, équipements, harnachements, armes et munitions.
Ils sont également détachés dans des cantonnements pour participer à des travaux de défense et de fortification.
Ils forment, avec les gendarmes, chasseurs forestiers, etc., des détachements chargé de suivre l’armée en marche pour explorer et nettoyer le champ de bataille. Il récupèrent ainsi un important matériel composé d’effets en tout genre, notamment des armes, arrêtent et escortent des soldats allemands isolés ou blessés, ramassent, identifient et ensevelissent des cadavres, construisent et gardent des camps de prisonniers. Ils saisissent également du bétail égaré.
Ils sont également chargés de missions de ravitaillement et autres missions de soutien aux troupes de première ligne, sous les bombardements et les gaz. Un nombre important de territoriaux perdent la vie dans ces actions méconnues et difficiles mais indispensables.
Au fil des mois, alors même que la distinction dans l’emploi entre les régiments d’active et les régiments de réserve s’estompe, la spécificité de la territoriale cède la place à une utilisation commune à toutes les formations.

De fait, les régiments territoriaux sont engagés en première ligne.Tout d’abord, les territoriaux ont pour mission la garde dans les tranchées de première ligne dans des secteurs dits « calmes », le mitraillages des lignes allemandes par tirs indirects, l’occupation des tranchées de départ, en soutien des divisions d’attaque. Puis ils sont engagés en première ligne où ils s’illustrent, en particulier, lors des grandes offensives allemandes de 1918.

lundi 30 mars 2015

Le 1er Mort pour la France Du 82e RI le caporal Pourcillot Marcel

Le 1e Mort pour la france du 82e est un caporal : Marcel Pourcillot. Il est déclaré Mort Pour la France le 10/08/1914, tué à l'ennemi.
Il est né à Troyes le 10 Juillet 1892, ses parents résident à Troyes lors de son recensement. Il travaille dans une des usines de bonneterie, industrie textile qui a fait la renommée de cette ville jusqu'à nos jours.
A vingt ans il mesure 1,63 les cheveux châtains foncés ainsi que les yeux, comme beaucoup de conscrit de son époque il a atteint au moins le niveau du certificat de fin d'étude primaire,

De la classe 1912, Né à Troyes en 1892, il dépend du bureau de recrutement de Troyes ou il est enregistré au Matricules 343 de sa classe. incorporé le 9/10/1913, nommé caporal le 11/02/1914il est donc sous les drapeaux à la déclaration de la guerre.

mercredi 25 mars 2015

Les régiments du Montargois et ses MPF

Montargis Ville de garnison aura vu défiler au départ de la caserne Gudin, dans les premières semaine d’août près de 10.000 soldats formant les 3 régiments implanté dans la ville. Le 82e régiment d'active et ses deux régiments déclinés partir des réservistes, le 282e et le 38e RIT.
En compilant les sources en ligne à notre disposition, les historiques des régiments,SGA, Sépulture de Guerre et Mémorial Genweb, on a pu constituer une base de données pour chaque unité.
  • Pour le 82e RI, 3101 Noms collectés, 2955 avec la mention Mort pour la France, 33 sans cette mention, 113 noms n'ont pu être retrouvé dans la base SGA, ni Sépulture de Guerre.soit 3,6 % des noms collectés
  • Pour le 282e Ri 1014 Noms collectés : 980 avec la mention Mpf, 3 sans celle-ci et 30 noms sans aucune information,
  • Pour le 38e Rit 262 Noms collectés , 210 avec la mention MPF, 35 sans et 17 noms non retrouvés
Soit en tout 4377 noms, 4145 MPF et 71 NMPF. C'est sur cette base de donnée que nous allons travailler.

Le tableau ci dessus déjà prête matière à réflexion , Le régiment de réserve d'active le 282e ne représente que le tiers du 82e . Déjà à sa constitution il n'est formé que de deux bataillons, mais surtout, il sera dissous au début de mois de juin 1916, ses effectifs étant repartis entre deux autres régiments le 204e et le 289e.
Le nombre de Non Mort pour la France est fort différent d'une unité l'autre :
Si pour le 82e 33 sur 3101 représente a peine 1 % la proportion est toute autre pour les territoriaux, ou les 35 NMPF atteignent les 13 %. Quand au 282e, avec son histoire un peu écourté, il a la plus faible quantités de Non mort pour la France.


Quels était donc les critères discriminants pour obtenir ou ne pas obtenir la mention Mort pour la
France : Cette mention a été instituée par la loi du 2 juillet 1915 et modifiée par la loi du 22 février 1922 au lendemain de la Première Guerre mondiale.
La preuve, qui s'oppose à la présomption, doit être rapportée que la cause du décès est la conséquence directe d'un fait de guerre.
Ce qui implique que des morts de suite de maladie ne soient pas prise ne compte,si elle ne sont pas
reconnue liées au service ou aggravées par le service armé. Cette notion est particulièrement vraie pour les territoriaux.
Si l' accident par exemple se produit dans la zone dit de l'intérieur, ou n'est pas imputable au service
même résultat,par exemple les noyades.


En colligeant et en fusionnant les 3 bases de donnés des régiments, on retrouve plus de 12 type de genres de mort décrit sur les fiches SGA,, plus exactement 11, puisque dans 18 cas, aucune mention ou bien inconnue figure sur le document.
De même, pour le décès en captivité, la plus part du temps du au suite de maladie, il en existe quelques un aux suites de blessure, on conserve le fait que le décès est lié à la captivité quelque fut la cause.
62 Soldats sont déclarés Non Mort pour La France, et bien sur c'est le nombre de malade , près du tiers, qui prédomine et de loin
3 Causes ne se retrouveront pas au 282e et 3e RIT :
Les fusillés, les intoxiqués et les tués au cours d'une tentative d'évasion. 
On remarque la grande proportion de maladie et d'accident et noyade dans les non mort pour la France. Il est logique de retrouver par mis ceux ci les suicides, les fusillés et la tentative d'évasion.
On détaillera dès maintenant régiment par régiment en comparant l'un par rapport à l'autre.
A bientôt


mercredi 17 décembre 2014

L'arrivée des premiers blessés à Montargis (4 et fin)

Le cas d’espèce de l'infirmerie du dépôt du 169e



La précision du document est exellente jugez par vous même
Il nous donne non seulement les indications classiques d'identités mais aussi la compagnie, la date d'entrée, la date de sortie, le mode et la destination de sortie.
Que demander de plus ! Que toutes les formations de Montargis nous eussent donné la même qualité d'informations.
Reprenons dans un tableau, cette feuille:
Cet état établit sur deux semaines est particulièrement explicite.
Non seulement il nous donne la date d'entrée ou sortie, mais aussi le mode ce qui est exceptionnel sur un même document dans ce corpus.
On remarque une arrivée massive le 9 septembre, séquelle de la bataille de la Marne ?
Par contre le 20 septembre il reste en traitement la moitié de possibilité en lit de ce début de septembre.

De ce court echantillon se dessine deux types de durée de séjour :   
L'une est sans aucun doute supérieure à 15 jours , sans compter les séjours vers d'autre formation de soin moins intensif.
L'autre est inférieure à la semaine, parfois même deux jours.
On est en présence de deux populations, l'une composée de blessés relativement légers qui sont bientôt réexpédiés vers leurs corps d'origine, d'autres par contre qui nécessitent des soins de longue durée voir des soins de centre spécialisé,
Si on détaille les modes de sortie de cette formation, on trouve :
- 1 décédé le jour même
- 1 part en permission
- 1 est dirigé vers l'hôtel Dieu (Paris?)
- 3 sont dirigés vers leur dépôt réciproque
- 7 vers une autre formation sanitaire dont 4 vers l'hôpital temporaire 36 de Montargis, les 3 autres le n° ne nous est pas connu,
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jeudi 4 décembre 2014

L'arrivée des premiers blessés à Montargis (3)

 Les Sorties

Comme dans toutes instituons hospitalières, les sorties d'une formation sanitaires sont de plusieurs ordres :
Soit le retour au domicile, dans le cas d'un soldat sous les armes vers le dépôt de son régiment
Soit en permission de convalescence
Soit vers une autre formations sanitaires pour d'autre traitement ou une une structure moins intensive,
Enfin, malheureusement le décès
Dans les documents retrouvés aux cotes des archives municipales, la qualité des informations et la rigueur de la présentation est extrêmement variable d'un établissement à l'autre, d'une date à l'autre,
De même pour les journaux de marche et opérations, la qualité de la rédaction, la présence d'état de pertes est variable d'une unité l'autre.

Les sorties par décès



L'état civil de Montargis nous a permis de retrouver pour cette période la liste des décès dans les différentes formations de la ville.
- 4 sont morts à l'hôpital dans les salles militaires.
- 3 à l'hôpital complémentaire 22, au collège de garçons rue Gambetta, aujourd'hui l'hôtel de ville
- 3 à la gare.
- 2 au château, hôpital complémentaire n°2

Ce qui frappe, se sont les trois décès à la gare :
Le premier concerne Paul louis Caron, soldat au 303e RI dont le décès est enregistré à 5 H du matin à l'infirmerie de la gare. Originaire de Paris, recrutement de la seine , nous n'avons pas pu nous procurer sa fiche Matricule pour aller un peu plus loin dans sa connaissance. Seule sa fiche MDH nous est accessible et le journal de marche de son régiment, qui se bat, en ce début de septembre à Gercourt, ou sans doute il a été blessé et donc évacué vers l'intérieur. « Le combat de gercourt avait couté au 303e 13 tués dont un officier, 265 blessés dont 6 officiers et 40 disparus, » (JMO 303e p 8)
Les deux autres, Maxime Fontenoy du 6e Chasseur à Cheval et Fernand Marsant du 46 RI, décèdent le même jour à deux heures d’intervalle. Provenant tous les deux de Seine et Marne, ils sont inscrits au bureau de recrutement de Fontainebleau, leurs fiches matricules sont en ligne. Compte tenu des lieux de combats de leurs régiments, on peut penser qu'ils proviennent de deux trains sanitaires différents.

MaximeFontenoy, agé de 21 ans, né à Chaintreaux, incorporé depuis le mois de novembre 1913 au 6e RCC, atteint de dysenterie, décède en gare. Son régiment depuis la Bataille de Charleroi, fait retraite sur la Marne comme nous l'indique l'historique de son régiment :
« Le 3 septembre, il se trouve à Boursault où la S. M.et les 3e et 4e escadrons combattent à pied et maintiennent, par leur feu, les Allemands, dont les premiers éléments ont traversé la rivière.
Le 4 septembre, il cantonne à Montmirail et gagne ensuite, par Champaubert et Sézanne, la Charmelle (forêt de la Traconne, région d'Esternay) »

Fernand Marsant, natif de Saint pierre les Nemours est architecte paysagiste, incorporé en octobre 1912, cela fait déjà deux ans qu'il est sous les drapeaux, caporal le 8 Novembre 1913, puis caporal téléphoniste à la mobilisation, sans doute à la compagnie hors rang du 46 Ri. Les premiers jours de septembre, son régiment (46e ri) fait retraite de Boureuilles en Argonne vers le sud. Son décès suite à ses blessures est aussi constaté dans le train. Il à 23 ans
Ses trois soldats étaient peut être destinés à être traité à Montargis, comme toutes les infirmeries de Gare, celle de Montargis, à chaque halte toutes les 6 heures, se devaient de visiter tous les voitures du train à l'arrêt en gare.

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